Une demande sous pression à mi-année et une offre qui continue de progresser
Marché locatif des bureaux Paris et Ile-de-France au 1er semestre 2026
Auteurs
Sophie Meynier
Paris, le 6 juillet 2026
À l'issue du 1er semestre 2026, le marché des bureaux en Ile-de-France confirme la tendance amorcée en début d'année. Au T2 2026, 389 300 m² de bureaux ont été commercialisés, portant la demande placée à 750 000 m² sur les 6 premiers mois de l'année. Le marché accuse ainsi un recul de 5 % sur un an et se situe 18 % sous la moyenne des 5 dernières années. Si le volume de transactions de moins de 5 000 m² est quasi stable, les grandes surfaces accusent toujours un fort recul avec 192 700 m² placés (via 15 transactions), soit une baisse de 13 % sur un an et de 36 % vis-à-vis de la moyenne des 5 dernières années.
Sur le plan géographique, les performances sont hétérogènes. La Défense se distingue avec une demande placée en hausse de 52 % sur un an et supérieure de 14 % à la moyenne des 5 dernières années, confirmant son attractivité auprès des utilisateurs sensibles à la qualité des transports et à des niveaux de loyers compétitifs. Paris QCA, quant à lui, est en recul de 9 % sur un an et de 21 % par rapport à la moyenne, contraint par des niveaux de loyers élevés dans un contexte de maîtrise des coûts. En revanche, bien qu’inférieure de 9 % à la moyenne, la demande placée sur les autres marchés parisiens affiche une hausse de 8 % sur un an. Si la 1ère périphérie (-38 %) pâtit d’un nombre moins important de grandes transactions qu’au 1er semestre 2025, la 2ème Couronne affiche à l'inverse une forte progression soutenue par 2 grandes transactions.
« L'environnement macro-économique s'est dégradé au 2ème trimestre suite au conflit avec l’Iran. Les indicateurs de croissance, le climat des affaires et les indices PMI ont tous évolué négativement entre mars et mai 2026. Nous espérions que le T1 soit un épiphénomène, mais les chiffres du T2 confirment cette tendance ralentie du marché » , analyse Yannis De Francesco, Directeur Exécutif Agence Bureaux France chez JLL. « Les transactions sont toujours longues à conclure, les décisions sont gelées ou reportées, et nous observons un fort phénomène de rétention des locataires par les bailleurs, qui engagent des démarches proactives auprès de leurs locataires en proposant des extensions de baux en échange de franchises ou de travaux. Cette approche est financièrement avantageuse à court terme pour les deux parties, mais elle pèse mécaniquement sur la demande placée. »
L'offre immédiate en Ile-de-France atteint 6,57 millions de m² à fin T2 2026, en progression de 10 % sur un an. Paris enregistre des hausses marquées (entre 18 et plus de 50 %), alors qu’en 1ère périphérie, la progression est plus modérée, entre +2 % et +18 % selon les secteurs. La Défense fait à nouveau figure d'exception avec une offre immédiate en recul de 12 %, confirmant la bonne absorption relative de ce marché.
Le taux de vacance global en Ile-de-France s'établit à 11,8 % à fin T2 2026, contre 9,7 % un an auparavant. Les marchés parisiens enregistrent des hausses sensibles, certains affichant même des vacances supérieures à 10 %. Paris QCA voit son taux tangenter les 7 % et Paris 5/6/7 est désormais le seul marché parisien à afficher un niveau inférieur à 5 %. En périphérie, la situation reste compliquée avec des taux toujours supérieurs à 30 % en Péri-Défense et en 1ère Couronne Nord. La Défense, à 13,4 %, voit en revanche son taux se réduire légèrement sur un an.
Malgré la montée des disponibilités, les loyers prime font globalement preuve de résistance, mais assortis de mesures d’accompagnement élevées. Le loyer prime du QCA s'établit à 1 240 €/m²/an, en hausse de 3 % sur un an, et La Défense affiche 560 €/m²/an (+2 %).
« Pour les entreprises qui font le choix de déménager, les moteurs restent les immeubles plus modernes, l'attractivité des talents et le confort des salariés. Des signaux faibles d'amélioration commencent à apparaître : les entreprises s’habituent au contexte macro-économique et ont stabilisé leur politique de télétravail, nous permettant d’envisager une reprise du marché l’an prochain. À l'approche de 2030, et avec les épisodes caniculaires récents, l'intérêt pour les bâtiments offrant un haut niveau de qualité va se renforcer : occuper un immeuble sans climatisation ou avec de mauvaises performances énergétiques n'est tout simplement plus une option », commente Marie Martins, Directrice Advisory France chez JLL.
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